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Arc Électrique

Sans désordre aller succomber
À cet écran émerveillé
Où se côtoient échappements
Foule nombreuse innocemment

Puits infini de phénomènes
Ils viennent et vont en systèmes
L’œil s’y piège très aisément
Cadences et scintillements

Disséminations

Disparu rôde autour du feu subtilement
Le foyer familier manquant au firmament
Aujourd’hui las, quitté sans autres ornements
Omettant s’affirmer dans le renoncement

L’étoile elle a terni les yeux de son miroir
S’effaçant des visions, dérogeant aux prunelles
Pour aller au levant au vent tout de bleu noir
Vêtu du dérisoire et de carmes plurielles

Chiro


J’ai reçu mon livre de Araki

Dieu moqueur

La nuit je prie le Dieu moqueur
De m’accorder émergence
Nuit tout entière passée
Paume contre paume à verser
Prières sans syntaxes
Requêtes sans retenue
Dans les nappes de fumée
Je tire une croix sur le signe
Et prie
Pour que s’exauce un vœu inconnu

Un grand rosier

Je guette et je chasse la nuit, une bête à travers les bois nus, elle me tance, me nargue, je feins de l’ignorer, pour mettre à l’épreuve sa méticulosité. La prise sera sans doute l’aboutissement de ces milliers de rêves assujettis. J’ai frayé avec l’absurde, il ne m’a jamais quitté. Et ma stupeur féconde un grand rosier.

Clous

Enfant
Le signal lumineux du passage piéton
Me déroutait doucement vers les étoiles

Chasses Fructueuses

Le chat fixe quelque chose
L’inconnu, la nouveauté
Pour lui subsiste toujours
Dans cette somme d’éléments mouvants et sonores
Quelques potentiels de chasses fructueuses

Le soir, je convie l’euphorie à ma table

Le soir, je convie l’euphorie à ma table, je dresse les stratégies, le couvert, j’exerce des dialectes nébuleux dans le but avoué de soulever son intérêt et de la soustraire à son inattention. J’arrive à l’heure dite, la maison est prête, jusque dans les moindres détails. Ma faculté d’adaptation a été poussée à son paroxysme afin d’être en mesure de m’ajuster à ses soubresauts, à la plus infime de ses extravagances. Je veux pouvoir lire dans ses yeux au moins une ligne, un mot. Quelque chose. Peut-être ne se décidera t-elle pas à parler ? Peu importe, je jouerai des claquettes, je ferai danser les brioches au bout de mes fourchettes, ou je me replierai dans une angoisse qui la fera se sentir moins seule dans son obscurité première.

Cheval de trait

Une fine membrane me sépare d’une chose que j’ignore, et c’est avec une éphémère et lente euphorie que je vais à tâtons à sa rencontre. Cela m’a semblé briller l’espace d’une fraction de seconde. Pulsar milliseconde. C’est tout, ça n’est pas rien, quand on est dans le noir, un peu seul. Mais surtout dans le noir. Surtout seul. Être un cheval de trait, chargé, mais sans but.

Le risque étant

Nous avons pour habitude de miner l’émerveillement, sitôt pris au piège, bord à bord entre deux nuages, tout prêt de convoler avec les nébuleuses, quitte à ne jamais nous en départir, le risque étant.

Mémoire lisse

J’ai la mémoire lisse, au lieu qu’elle soit dentelée, et c’est tout juste si elle est en mesure d’accrocher quelques nuages poreux

Clous

Au réveil
J’étais dénué de bornes

Fainéantise

Sensation d’un univers entier engoncé à l’intérieur. Ma gorge est un barrage, sur le point de fléchir, mais qui ne fléchit jamais. J’ouvre quelques vannes qui ne puisent pas précisément là où se trouve le sac amniotique, que je manque de percer. Elles puisent plutôt à côté, dans quelques cadavres de rivières. C’est moi-même qui me fait manquer la cible, simulant une bourrasque, ou accusant un orage. Je rechigne. J’ai la fainéantise des gens confortés.

À La Volée

En avant, marche ! vers le sublime. Ils nous trouveront demain matin, enlacés dans les hautes herbes, tes cheveux débordant sur ma tête à-demi chauve, ta main sur ma bedaine ursine. Je t’embrasserai à la volée, voie-lactée.