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Simulation


Simulation d’une vision de panneau publicitaire aperçue en rêve

Un pas de plus

Je vais sourd et aveugle
Claudiquant, assommé
Éreinté, couché
Taillé, évidé
Vers l’avenir
Cette « transcendance des hommes sans dieu »

Publication Papier

La publication papier est essentielle. C’est un certificat d’existence. Tamponné, pressé, avec code barre, ISBN et tutti quanti. Le problème est que je ne me sens pas écrivain, ou alors par de courtes intervalles, lorsque je suis parvenu à rendre hommage suffisamment à un écrivain que j’aime, lui retournant un morceau de son corps d’écriture fait mien.

Clous

Qu’est-ce donc qui nous rend si peu libres
en compagnie

Enfantillage

Petit point seul le soir fraie
Avec tout ce qui l’effraie

Compagnie

Tristesse saccadée
Clapote au grès
Du courant succédé
Et du regret

Très vainement
Balance sentiments
Nouveautés ternes
Trombes et balivernes

Lendemain noir attend
Insolemment
De voir fleurir gâchis
Plis et replis

Arc Électrique

Sans désordre aller succomber
À cet écran émerveillé
Où se côtoient échappements
Foule nombreuse innocemment

Puits infini de phénomènes
Ils viennent et vont en systèmes
L’œil s’y piège très aisément
Cadences et scintillements

Disséminations

Disparu rôde autour du feu subtilement
Le foyer familier manquant au firmament
Aujourd’hui las, quitté sans autres ornements
Omettant s’affirmer dans le renoncement

L’étoile elle a terni les yeux de son miroir
S’effaçant des visions, dérogeant aux prunelles
Pour aller au levant au vent tout de bleu noir
Vêtu du dérisoire et de carmes plurielles

Chiro


J’ai reçu mon livre de Araki

Dieu moqueur

La nuit je prie le Dieu moqueur
De m’accorder émergence
Nuit tout entière passée
Paume contre paume à verser
Prières sans syntaxes
Requêtes sans retenue
Dans les nappes de fumée
Je tire une croix sur le signe
Et prie
Pour que s’exauce un vœu inconnu

Un grand rosier

Je guette et je chasse la nuit, une bête à travers les bois nus, elle me tance, me nargue, je feins de l’ignorer, pour mettre à l’épreuve sa méticulosité. La prise sera sans doute l’aboutissement de ces milliers de rêves assujettis. J’ai frayé avec l’absurde, il ne m’a jamais quitté. Et ma stupeur féconde un grand rosier.

Chasses Fructueuses

Le chat fixe quelque chose
L’inconnu, la nouveauté
Pour lui subsiste toujours
Dans cette somme d’éléments mouvants et sonores
Quelques potentiels de chasses fructueuses

Le soir, je convie l’euphorie à ma table

Le soir, je convie l’euphorie à ma table de travail, dresse le couvert, déploie les stratégies. J’exerce des dialectes mystérieux dans le but avoué de soulever son intérêt, de la soustraire à son inattention. J’arrive à l’heure dite, la maison est prête, jusque dans les moindres détails. Ma faculté d’adaptation a été poussée à son paroxysme afin d’être en mesure de m’ajuster aux soubresauts de l’euphorie, à la plus infime de ses extravagances. Je veux pouvoir lire dans ses yeux au moins une ligne, un mot. Un signe de ponctuation. Un espace. Quelque chose. Peut-être ne se décidera t-elle pas à parler ? Peu importe, je jouerai des claquettes, je ferai danser les brioches au bout de mes fourchettes, ou me replierai dans une langueur qui la fera se sentir moins seule au fond de notre obscurité première.

Surtout seul

Une fine membrane me sépare d’une chose que j’ignore, et c’est avec une éphémère et lente euphorie que je vais à sa rencontre. Cela m’a semblé briller l’espace d’un instant. Pulsar milliseconde. C’est tout. Ça n’est pas rien, quand on est dans le noir, un peu seul. Mais surtout dans le noir. Surtout seul.