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Le soir, je convie l’euphorie à ma table, je dresse les stratégies, le couvert, j’exerce des dialectes nébuleux dans le but avoué de soulever son intérêt et de la soustraire à son inattention. J’arrive à l’heure dite, la maison est prête, jusque dans les moindres détails. Ma faculté d’adaptation a été poussée à son paroxysme afin d’être en mesure de m’ajuster à ses soubresauts, à la plus infime de ses extravagances. Je veux pouvoir lire dans ses yeux au moins une ligne, un mot. Quelque chose. Peut-être ne se décidera t-elle pas à parler ? Peu importe, je jouerai des claquettes, je ferai danser les brioches au bout de mes fourchettes, ou je me replierai dans une angoisse qui la fera se sentir moins seule dans son obscurité première.