L’eau

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pierre-boucher-l-eau

Vous arrivez là où je suis devenu pierre
Feux dans la gorge au bout des doigts
Vous arrivez là où je suis resté
Figé ensorcelé retenu
À ces immensités noires
Entre la surface et le fond
Entre la fenêtre et les étoiles
Vos deux bras tendus sont comme un repère
Je suis moi-même le harpon qui me tord
Le chasseur qui me guette
Et votre œil diamant
Étincelle de l’appât
Raison de mes prières
Vous entrez là où je demeure
N’étais-je jamais venu au monde
Je suis une pierre qui parle
Vous seule écoutez ma voix

Photographie : Pierre Boucher – L’eau. 1935.




07.01.13


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