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J’ai rêvé ma vie jusqu’à ce que le rêve s’écroule. L’illusion envolée, avec sa constellation de promesses, je me retrouve seul, avec devant moi un mur lugubre.
Je suis seul dans un puits.
Je tâte le mur et je cherche ma voie. Ma voix.
Je me suis longtemps imaginé le futur, jusqu’à ce que, un matin, je me rendis compte que tout cela n’était que perditions, imaginations.
Je suis perdu.
Comme si j’étais parti sans vivres. Sans vivre. Sur mon radeau de pacotille pour traverser l’océan.
Tenace cloison. J’ai espéré longtemps.
J’ai longtemps voulu attirer les yeux vers moi. Maintenant je veux qu’ils s’en retournent.
Je veux être seul tout au fond de ma grotte, comme si je pouvais, depuis ma solitude, trouver la clef de tous les trésors. Et toutes les solutions.
Je tâte le mur et je cherche dans la pierre un visage aux reliefs qui me ressemblent.
Je suis seul tout au fond de mon puits innommable.
Tout n’était que mirage, vertige. Vestiges.
Je palpe la nuit pour y trouver mon horizon. Ce qui me ressemble.
Je me cherche, moi, car je ne m’y retrouve plus.
Voyage insensé.
Tous ces rêves se sont évadés me laissant seul prisonnier.
Je ne me sens pas libre.
Je vois la frontière reculer à mesure que j’avance.
Mes ténèbres intérieures, ma chambre close. Cette noirceur pose un voile sur toutes les choses.
Je suis seul dans un puits tout au fond de mon jardin intérieur et sans vie. Recroquevillé.
Inutile et vain, vieux papier oublié, vieux journal dont on attend plus de nouvelles.
Les courants m’éloignent de tous les rivages.
Je suis l’astre qui se gâche, discret. Qui ne retrouve plus les rayons.
Je suis celui qui a perdu les clefs de la réalité.
J’erre, une capitulation après l’autre.
Jusqu’à ce qu’un voile de nuit lève son empire.
Comme je ne sais plus parler, je rêve tout haut.
Je suis celui qu’on distingue mais qu’on ne voit pas.
Le tableau, autrefois coloré, plein de formules mathématiques absconses.
À mon âge, je suis un enfant médusé
À 12 mètres sous le terre. Brûlé.
Celui qui a repoussé tous les trésors du monde pour n’en garder que la poussière.
Promesse close des mélopées diffuses.
Je suis le chanteur fatigué d’entendre sa voix. Qui tourne en rond sans retrouver le fil.
Je me regarde dévivre, endormi au fond de mon puits.
L’oeil attaché au dérisoire.
Un héron parfois se poste au-dessus de moi, symbole d’un souvenir.
J’aimerais me faire réellement prisonnier
Et me faire un nom parmi les oubliés
Je suis celui qui, à force de regarder le soleil, a vu son horizon s’embraser.
Les visions changeantes, lentement, en vagues replis nébuleux.
Je suis celui qui, au départ du marathon, est parti dans le sens contraire de la foule.
Je devrais peut-être le dire et en faire quelque chose.
En faire un livre
Parler de moi comme le font tous les nébuleux
Les astrophysiciens ratés
Dont l’oeil, retourné en eux-même s’imaginent faire d’une nuit noire
Un espace coloré et lumineux
Et ne captent les fréquences du monde qu’à intervalles irréguliers.
Entre deux coups de folie
Je suis le fou qui erre dans sa quête anachronique.
Etre du côté des oubliés, tout un art de vivre
Je ne veux pas réussir
Je veux être ce soleil déclinant
Au-dessus de mon horizon orange. Crépusculaire.
Mais mon horizon à moi.
Ceux qui me comprendront seront avec moi
Que ceux qui ne me comprennent pas aillent voir ailleurs
Tout ce que je peux dire, c’est je ne sais plus
Je ne sais plus.