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Je sais que je ne serai pas heureux tant que je n’aurai pas déterré les choses que je porte en moi. Le dessin et la peinture en font partie, cela fait presque un an et demi que je n’ai plus touché un crayon, et il s’est produit comme une illumination lors de mon voyage à Zurich. Voici ce que mon corps et mon esprit réclament, ce besoin que je n’arrivais pas encore à identifier. Que d’autres devinaient en moi mais que moi-même, j’étais incapable de voir. Il me fait créer mon imagerie, déterrer les cadavres pour leur faire prendre vie, seul moyen pour moi de retrouver l’être. Sinon je deviens larve, de garder tout ça en moi. « il faut faire quelque chose de votre angoisse », avait dit Rodin à Rilke. L’écriture ne me suffit pas, c’est un acte trop refermé maintenant. Je ne dirai plus « je veux/vais faire » (ce qui revient à dire « je ne ferai pas) mais « je fais ». Au diable l’immobilité, la claustration. Il faut se confronter sans cesse. Je vois des soleils, des ombres, du rose, du vert, des brumes, des clartés. Je me force, même si je n’ai pas l’envie profonde, même si je n’ai pas dès la première seconde, l’exaltation, il s’agit de persévérer sans s’arrêter, se sacrifier, ne vivre que pour ça, sans cesse.