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Ce soir j’ai regardé un documentaire à propos de tribus indigènes de Colombie, peuple de la forêt nomade, vivant de chasse et de cueillette. Il y a vingt ans encore, ils n’avaient jamais connu de blancs. Depuis 3000 ans en-dehors de toute civilisation, ils vivaient comme dans un rêve, une société calme et douce, pacifique, loin de tout mais près d’eux-mêmes.

Mais il y a vingt-ans ils ont rencontré quelques ethnologues, c’est à dire des pilleurs d’inconnu.
Aujourd’hui on ne les laisse plus retourner à l’intérieur de leur château végétal, leurs terres ancestrales. Ils sont condamnés à rester dans des sortes de réserves à la lisière de l’Amazonie, où ils meurent lentement, touchés par des maladies contre lesquelles ils ne sont pas protégés, des grippes, des parasites que leurs corps ainsi que les corps de leurs ancêtres n’avaient jamais connu, et contre lesquelles ils n’ont donc jamais formé la moindre défense.

J’ai vu un un de ces indigènes de promener pour la première fois de sa vie dans une ville, naïf, il regardait les kiosques et les magasins. Il avait flashé sur une casquette. Je l’ai regardé cet étranger dans la civilisation, une étrange sensation de familiarité m’est venue. Je me suis reconnu je crois dans cet homme. Dans cette société, souvent, dans ces villes, je ne me sens pas moins étranger que lui. Moi aussi, il me semble que je me trouve loin des mes terres d’origine et, par là, loin de ma vie. À cette différence près que je ne sais pas vraiment d’où je viens, où se situe ma vraie maison. Alors je me raccroche à la première chose qui me tombe sous la main, aux nuages par exemple.