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Marre des dépressions de cafards

Marre des dépressions de cafard. Je veux être heureux. A jamais… Etre heureux comme jamais, retrouver ma nature.

 

Une phrase parfaite, de Montherlant : Presque toute vie d’homme est corrompue par le besoin qu’il a de justifier son existence.
La vie n’a qu’un sens : y être heureux. Si la vie n’est pas synonyme de bonheur, autant ne pas vivre.

 

Suffit ! la recherche de la beauté. Suffit l’embellissement. Les phrases bien torsadées, bien tournées. Fini les mots d’amour, les complaintes tristounettes. Je prends les choses à mon compte. L’espoir déçu que je mettais dans les choses se changera bientôt en révoltes. J’aurais pour moi la force des mots. La poésie noire et scandaleuse. J’aurai la beauté noire, celle qui ne promet pas de lumière, celle qui va chercher sa matière là-bas, au loin, jusque dans la mort… Je l’aurai comme grande inspiratrice. Une existence normale, un lit de qualité, une demeure à soi bien morte et bien ordinaire… Je me mettrai du côté des fous, des abîmés. En clair, j’aurai pour moi une longue vengeance à cause de mes espoirs déçus, j’irai chercher tout ça jusqu’au fond des ténèbres . Je serai du côté des vaincus, mais je crierai quand même…

Je me ferai haïr du monde entier, je serai seul contre tous…Je montrerai un faux visage, celui de la révolte noire, je montrerai un faux visage, pour ne pas me faire aimer… Je serai horrible et magnifique à la fois, et puis surtout, je mettrai les gens en face de ce qu’ils sont, ou plutôt, chacun croira y voir un autre parce qu’on ne s’imagine jamais soi-même aussi dégoûtant. On ne s’imagine bien plus beau qu’on ne l’est vraiment, comme un maquillage magique… Je serai horrible parce qu’il n’y a que comme ça que je peux écrire. C’est ce qu’il y a de marqué partout autour de soi, en filigrane, derrière les mots mielleux, il y a des choses pas très belles. Pas buvables. J’irai chercher la vie tout au fond, tant pis pour ceux qui ne me croiront pas, ceux qui ne m’aimeront pas, tant pis…

Je sais que je ne serai pas heureux tant que…

Je sais que je ne serai pas heureux tant que je n’aurai pas déterré les choses que je porte en moi. Le dessin et la peinture en font partie, cela fait presque un an et demi que je n’ai plus touché un crayon, et il s’est produit comme une illumination lors de mon voyage à Zurich. Voici ce que mon corps et mon esprit réclament, ce besoin que je n’arrivais pas encore à identifier. Que d’autres devinaient en moi mais que moi-même, j’étais incapable de voir. Il me fait créer mon imagerie, déterrer les cadavres pour leur faire prendre vie, seul moyen pour moi de retrouver l’être. Sinon je deviens larve, de garder tout ça en moi. « il faut faire quelque chose de votre angoisse », avait dit Rodin à Rilke. L’écriture ne me suffit pas, c’est un acte trop refermé maintenant. Je ne dirai plus « je veux/vais faire » (ce qui revient à dire « je ne ferai pas) mais « je fais ». Au diable l’immobilité, la claustration. Il faut se confronter sans cesse. Je vois des soleils, des ombres, du rose, du vert, des brumes, des clartés. Je me force, même si je n’ai pas l’envie profonde, même si je n’ai pas dès la première seconde, l’exaltation, il s’agit de persévérer sans s’arrêter, se sacrifier, ne vivre que pour ça, sans cesse.

De la musique pour faire danser la vie

FAIS CHIER CE JOURNAL DE DÉPRESSIF

 

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Jeanne d’Arc

J’ai revu une nouvelle fois la fin de jeanne d’arc ce soir et ça me fait réfléchir. Evidemment ce n’est pas le film en lui-même qui me fait réfléchir, mais ce qu’il reflète en moi. Une sorte de sentiment religieux que j’avais en moi et que je vois, malgré ou peut-être à cause de moi et de ma fatuité, s’effriter. Ce sentiment est devenu au-dedans comme un souvenir. Un souvenir sur lequel le temps vient accumuler les voiles, les uns sur les autres, de sorte qu’il en devient de plus en plus lointain, de plus en plus indistinct. Cette époque, mais peut-être est-ce moi même (pourquoi la faute devrait elle venir de l’extérieur, toujours ?), me paraît vide de sens. Sans âme.
On a perdu nos illusions, sans se rendre compte que ces illusions étaient belles, en fin de compte. Et tout rappel de ces sentiments là, lesquels auparavant me remplissaient de gratitude et de contemplation, me vexent désormais. J’ai perdu de vue le fait que, peut-être, je devrais m’occuper de mon âme, cette idée qui, à force d’être galvaudée pour un tout ou pour un rien, ne veut désormais plus rien dire. Cette perte non seulement m’a ramolli, mais m’a rendu dans une continuelle expectative, une attente indéfinie. J’avais auparavant un flot continu au-dedans de moi, qui me faisait savoir à quel point l’existence ordinaire et les préoccupations banales peuvent être futilités. Et il y avait toujours, au-dessus de tout le reste, cette idée du nuage, cette idée d’une chose qui importe réellement, ce soleil à côté duquel le reste me paraissent des satellites, des détails. J’ai crû vivre par cette idée, sans savoir qu’elle causerait ma perte, car on ne peut rester indéfiniment face à une abstraction, quand nous ne recevons plus de réponse, nous laisse au-dessus du vide, abandonné à une lente chute.

Ce que je pensais éternel en moi ne l’était peut-être pas. L’âge venant, les certitudes craquelants, je me suis retrouvé face à l’absurdité, la dernière des portes, derrière laquelle ne subsiste plus rien, après laquelle tout semble illusoire, perdu d’avance, mensonges. A force de croire en l’irréalité du monde, on devient immatériel soi-même, un radeau perdu sur l’océan, une errance, voilà ce que je suis devenu.
Peut-être suis-je devenu lucide, croyant avoir perdu mon innocence alors qu’au contraire, j’ai peut-être perdu des idées fausses, des présomptions. Pour autant, aujourd’hui, s’il me reste quelques énergies, je ne sais plus dans quelle tour les loger, vers quoi les lancer, car tout me semble vain, fausse route, prétention et inutilité. J’ai trop pris conscience de la futilité de toute chose et des erreurs omniprésentes, des gens qui se sacrifient pour une cause qu’ils croient juste, mais qui n’est elle-même qu’un ramassis de fantasmes, de duperies et de faux-semblants. Une religion devient fausse sitôt qu’on écrit sur elle, sitôt qu’elle est fixée. La seule religion possible est alors changeante, diffuse. Mais alors, aucun signe, aucune marque de croyance n’est plus possible. Pourquoi tel signe plutôt qu’un autre, pourquoi telle image, telle dénomination plutôt qu’une autre.
Après la sagesse, il y a la folie. Après la folie, il y a l’errance, l’abîme du dérisoire. La lucidité parfaite est la dérision totale.

Mais alors, un ange qui parlerait serait lui-même pris en dérision, tourné au ridicule, du simple fait qu’on ne croit plus en ce qu’il raconte, du caractère obsolète de ses paroles. La poésie elle-même alors ne serait plus qu’un jeu de mots, de mailles des phrases. Partout, je ne vois que tentatives de justifications d’un égo. Dans chaque mot, chaque action que commettent les gens, je ne vois qu’une vulgaire tentative d’exister, qui n’est jamais la vie.

Je suis arrivé à un stade où j’ai trop mis en question chaque chose, chaque pensée, à la poursuite d’une vérité dont l’idée même, maintenant, me semble être une plaisanterie. Après tout ça, après ce stade-là, il ne subsiste qu’une seule chose. La seule chose dont on est sûr, et qui survit à tout, c’est le néant. L’envie du néant. Il ne s’agit plus ici d’un désir de mort (pour désirer la mort il faut encore avoir une certaine énergie vitale), mais du néant, qui n’est ni l’âme, ni le nuage, ni la voie-lactée, ni le vide, ni le plein, ni le froid, ni le chaud, ni la vie, ni la mort, ni le bien, ni le mal, ni le silence, ni le noir. Rien de tout ça. Quelque chose qui n’est ni au-delà, ni en-dessous, ni à-côté. Et qui n’est peut-être, finalement, pas même le néant. Aucun moyen de poser un quelconque mot dessus, aucun moyen non plus de l’expliquer ou de ne serait-ce que pointer du doigt vers lui. C’est autre chose, mais qui n’est pas autre chose. C’est un inconnu, mais qui n’est pas un inconnu.

Mais courir à sa poursuite serait courir à ma perte. Car s’il faut l’avoir connu pour ne pas avoir complètement vécu pour rien, il me faut aussi vivre. Et vivre, c’est se lever le matin, accomplir des choses qui ne me sont pas agréables, qui sont même souvent contre ma nature. Accomplir des choses dans lesquelles je ne saurais pas mettre de mon âme, car je pense qu’elles ne le méritent pas. Alors, je les fais à-moitié. Je vis en handicapé en quelque sorte, incapable de saisir des concepts qui paraissent innés au commun des mortels. Incapable de regarder devant et autour de moi, car j’ai toujours les yeux pointés au ciel. Incapable de m’attacher réellement aux gens, car je ne suis attaché qu’à la voûte étoilée. Il y a, pour moi, une sorte de membrane posée sur chaque chose de la vie, et je plane. Peut-être parce que je n’ai pas perdu de vue que nous ne sommes que de passage, que nous ne sommes qu’une poussière infinitésimale, et que du moins, si j’ai l’occasion de regarder vers le ciel, je pourrais y croire, un peu. J’ai abandonné depuis longtemps l’espérance en des idéaux inventés par les hommes. L’idée même d’humanité, cela fait longtemps que je n’y crois plus. Alors, je vague, tâchant de ne pas penser plus qu’il ne le faut, de ne pas écrire plus qu’il ne le faut non plus. Je regarde les lumières des villes et des fêtes avec un oeil qui en sait trop pour être en mesure encore de s’émerveiller. J’attrape, par-ci par-là, quelques éclairs dont je laisse aux autres le soin de les lancer à travers les réseaux de l’ombre. Et je ne crois plus en rien, si ce n’est en une seule chose peut-être, en ce souvenir qui lentement va filer dans la nuit.

Un homme lève un petit drapeau rouge

Un homme lève un petit drapeau rouge au-dessus de la foule. « Je recherche une femme, dans toute cette merde. Savez-pas où je peux en trouver une ? Oh y a plein de grosses ici, mais une femme, je veux dire…une femme quoi, vous voyez ce que je veux dire ? Des hommes y en a pas non plus, y a beaucoup d’ombres. Mais des hommes, ça non, j’ai beau regarder j’en vois aucun, à perte de vue, rien… rien d’autre que le vide humain. Une femme, donc. Je cherche une femme… Tu sais ce que c’est toi, une femme ? vivante je veux dire. T’en as déjà vu une, de tes yeux ? Pas une limace endolorie, une grincheuse. Pas une future ménagère, je veux dire… Une sacrée femme quoi, devrait y en avoir non ? Parce que c’est un mystère pour moi. J’en entends parler depuis longtemps, je m’en suis imaginé plein, mais pas une seule j’en ai vu. J’ai vu formes, ça oui, et du rouge à lèvres, beaucoup, mais y a jamais de femme derrière, y juste une machine chiante, une ombre. C’est pas un extra-terrestre qu’on voit avec des yeux fluos dans la nuit. Si je vous demande ça, c’est que… j’hésite, pour tout dire. Je voudrais pas jouer le nouveau Diogène avec ma lanterne, qui chercherait un être humain au milieu de la foule… Non, ce que je veux moi, c’est savoir si ça existe quelque part, une femme qui aurait de la putain de poésie dans le sang. Non ? Ah mais je continuerai à chercher encore un peu… Et puis après quand j’aurai vu que ça existe vraiment pas, je pourrais enfin devenir moi, et cracher sur le monde en entier, sans entraves… »

 

Je ne serai pas aigri, mais fielleux. Pas aigri, fielleux.

Ce monde n’est qu’une immense entreprise

 » Ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde  » (Céline)

Scandale (infiniment révélateur) des dessins représentant le prophète des musulmans.
Évidemment les peuples musulmans sont terriblement paranos, et violents. Ils ont, malgré tout, quelque chose que nous autres, les occidentaux, avons perdu, le goût du sacré. (Mais ils s’y prennent comme des manches, et quelle absence d’humour et de sens de la dérision chez tous ces peuples ! )

Horreur de tous les monothéismes !
Horreur des religions masculines !

Je n’aime que ce que les femmes (ce qu’il en reste) fabriquent.

Un pays mort ne changera rien, ou très peu de choses. Il ne vivra pas de crises, ou de manière plus ou moins endolorie, blasée. Quelques pansements et puis hop. Gloire aux arabes et aux noirs qui ont suffisamment d’énergie vitale pour mettre le foutoir. Ce sont eux qui ont la fraternité dans notre pays. Ils ont raison de bousiller nos voitures de mesquins.

Je veux pouvoir me moquer des noirs, des juifs, des chinois etc. de la même manière que je me moquerais des normands, des belges comme de l’humanité entière, cette marmite bouillante.

Et lourde. Et lourde, tellement lourde…. Qui est le premier imbécile qui a décidé de donner autant de poids à la vie, cette chose si extraordinairement légère ?

L’Europe est une merde. Elle suit comme une limace le sillage de bave déposé par le grand mollusque hideux américain, l’amour ventousé au fric.
Mais l’Amérique est, du moins, plus vivante et plus humaine que l’Europe vieille croûte, négative, envieuse, frustée de n’être plus au centre du monde.

Mais l’Europe est une vieille croûte en laquelle je crois. Mon seul espoir finalement, dans ce monde qui vient ! Espoir en lambeaux, certes mais il est tout, comparé aux catastrophes narcissiques des pays comme la chine.

Je déclare de nouvelles lois qui ne seront jamais votées et dont tout le monde se fout. Mais ça a le mérite de m’amuser.

Surveillance de la morale publique. Trop de liberté tue la liberté. Restauration des condamnations pour outrages aux bonnes moeurs. Que les révolutionnaires et autres anarchistes aient au moins quelque chose à se mettre sous la dent, quelque chose à lutter contre, sinon, ils étouffent !

Interdiction de la pornographie, pour cause d’évanouissement du désir et du mystère de la pudeur.

J’avais plein d’idées mais là je ne m’en souviens plus. Refonte du système éducatif. L’école n’apprend rien. Qu’elle se cantonne au plus simple d’abord : apprendre à écrire, à parler. À penser (?) Rétablissement de l’habit de l’écolier.

L’art moderne est une grosse pourriture infecte. Tout ce qui n’est pas longuement travaillé, tout ce qui n’est pas l’amour de l’art, beauté, est une infection. Une horreur tout juste digne pour se torcher avec. Sous prétexte de refléter l’état du monde, prétexte ridicule, étant donné que le monde a toujours été ainsi, et que depuis la grèce classique il n’a pas bougé d’un cheveux, uniquement dans la forme. Aucun artiste ne m’excite. Tous narcissiques, idiots.

Je n’aime pas tant Picasso (sauf sa période bleu, mélancolique, et sa période rose). Vive Matisse, infiniment meilleur.

De l’affection pour l’europe. Ce qui se produit en Allemagne ou en Angleterre devrait nous toucher autant que ce qu’il se passe chez nous.

Jouissances de la fraternité !

L’Europe n’aura pas l’économie. Mais elle aurait l’art et l’esprit, lequel, au fond, joue infiniment plus dans l’histoire et l’épanouissement des peuples.

Ce n’est pas la croissance qui tire un pays, ça c’est de la foutaise ignoble, c’est d’abord, avant tout, son esprit.

Elle aura une chance si elle va à contre-courant de la course éperdue des chinois et autres vers une civilisation sans âme.

Après tout ça, me vient une pensée, je retire la nappe, je vous laisse mes armes j’en ai plus rien à faire. La poésie, l’émotion, rien d’autre. Espérer libère. Espérer libère. Espérer libère. Pas d’opinion sur rien ! L’ego, c’est tout ce qui nous reste pour nous donner, parfois, du plaisir à vivre. Un plaisir si malheureux.

Joie de vivre, qui sait ce que cela signifie ?

— un ange passe —

– Ça se mange ?
– non
– Ça se rêve, ça se vit ?
– Aucune différence entre les deux, mais sans doute. (cette question ne veux rien dire)
– Ça sert à voyager ?
– Oui, sans doute
– Une sorte de train ? Une voiture hybride ?
– Plus rapide que toutes ces choses
– C’est un mouvement dans l’art ?
– Oh non, jamais je l’espère
– Une espèce d’arbre ?
– Dans l’idée, oui. Mais maintenant silence. J’en ai plus rien à faire.

Résultats de la civilisation :

Laitiers, courtiers, banquiers, poubelles, plastique, automobiles, goudron, relativité restreinte et générale, négociants, artistes, poètes, stylistes, cyclistes, charcutiers, directeur des ressources humaines, archivistes, ingénieurs du son, acteurs,

Dégoût. Dégoût de tout. Rêve de rien. Rien changer. Mépris de la vie. Amour infinie de la vie. Euphories bien éphémères. Indifférence au néant. mon espoir immense placé dans quelque chose de nébuleux, d’insaisissable.

bon maintenant ça suffit j’écoute de la musique.

Le secret de la vie jamais révélé parce que les vieux…

Le secret de la vie jamais révélé parce que les vieux, jaloux, jamais plus ne vous guideront vers l’épanouissement, ils vous creuseront une tombe grise et vous y enfoncerons dans la mesure des forces qu’ils leur restent, et qu’ils déploient, entièrement dévouées à leur vengeance.

Tristesse et malheurs des vieux, preuve que ce monde est dans l’échec.

Je suis réellement en-dehors de la vie

Je pense que je suis réellement en-dehors de la vie. Je suis si différent des autres. Je fonctionne d’une manière si opposée. Ce qui est le plaisir pour eux est pour moi une souffrance. Tout ce qui devrait être bon, chez moi, me plonge dans la douleur. Il me semble que, lorsque j’ai paru, parfois, être heureux, je faisais semblant. J’écris mais je ne lis aucun livre. Je suis incapable de lire, car je change trop vite. Ce qui était merveilleux pour moi hier, est déjà, aujourd’hui, une émotion inerte. Je ne sais me maintenir sur rien. Je ne sais pas non plus me reposer sur quoi que ce soit, les amis, l’amour etc. Toutes ces choses qui habituellement font un abri, n’existent pas chez moi. Je suis, en quelque sorte, inconsistant. Comme un esprit qui erre et qui a déjà deviné que toutes les pensées sont, en fin de compte, une vue sur l’abîme. Tout est vain pour moi. L’amour est vain.
J’ai pourtant déjà été touché par la grâce. Je peux le dire maintenant, moi qui me le suis caché à moi-même pendant si longtemps. Comme un de ces secrets qu’on ne dévoile pas, par peur qu’il ne se volatilise au contact de l’air. Mais moi, je crois que je n’ai plus rien à perdre, rien du tout. J’ai touché assez tôt à quelque chose qui m’a fait comprendre que ce monde n’était qu’une apparence. Sans doute même, une vanité. Pourquoi, alors, travailler, et construire sa vie ? Toujours, cette idée vient dès que je tente de fabriquer quelque chose de mes mains. Cette idée que tout est vain. Et j’attends alors, j’attends quelque chose comme la mort.

J’aurais eu pour moi ces quelques années perdues entre deux éternités. Je me dis qu’au fond, je crois infiniment plus en la mort qu’en la vie. La première a l’éternité pour elle, la seconde a quelques années égarées dans ce monde aberrant. Je ne devrais peut-être pas parler comme ça. La mort est une certitude, la vie est un doute. Je devrais peut-être me diriger dans la voie du doute, plutôt que dans celle, plus facile, de la certitude. C’est une lâcheté que d’aimer la mort. Une lâcheté qui ne pardonne pas.
Le ciel nous répond et nous apporte ce que nous désirons vraiment. Si ce désir est la vie, alors elle vient. Si, à l’opposé, c’est la mort que nous désirons, c’est elle alors qui viendra, de la même façon, dans un même don.
Il faudrait aimer la vie comme elle vient à nous, au lieu de vouloir, à tout prix, mettre les mains sous le robinet pour en contenir et maîtriser le flot. Nous devrions laisser l’eau de la vie couler comme elle l’entend, et se mouvoir dans la pleine liberté du périmètre de l’existence mystérieuse.
J’ai mis tout en doute. À la fin, sans certitudes, on perd du même coup toutes les espérances. Des espérances, je n’en ai plus. Sans doute que je me mens maladroitement à moi-même, disant cela. Si je suis désespéré c’est que quelque part, j’espère. L’un ne va pas sans l’autre. Mais quelle est mon espérance, alors ? Je ne sais pas. Les choses changent trop vite. J’efface trop rapidement les espoirs qui viennent à moi, j’ai le sentiment, au fond, de ne pas y avoir droit. Je crois que je suis indigne. Indigne de cette vie qu’on a déposée dans mes mains et avec laquelle je ne sais pas me débrouiller.
Je ne crois pas suffisamment en l’homme pour agir avec lui, j’agis contre lui et de fait, j’agis aussi contre moi-même. C’est une impasse dont je vois déjà le dernier mur. Arrivé à ce mur, je ne peux plus avancer, car je suis dans le néant. Ce néant que j’ai tant désiré, que je redoute et qui m’assainit tant à la fois. Le néant est salvateur. C’est de lui que je tiens ma fraîcheur dans le monde, ma créativité. Il nous le faut pour prendre conscience de la vie. Mais le temps de prendre conscience de la vie, il est déjà trop tard. C’est comme si, sur le paquebot de l’existence, au lieu de rester sur le pont, de regarder les paysages et de participer aux fêtes nocturnes, j’avais décidé de descendre dans la salle des machines. Pour voir comment ça marche. Arrivé en-bas, je suis seul. La machine n’a pas d’ouvriers pour combler ma solitude, elle marche toute seule. Et l’engrenage est immense, si impalpable, que je suis incapable de comprendre ses fonctionnements, son manège, ses sorcelleries, ses origines, la destination du navire. Je suis descendu dans le noir pour en connaître plus et maintenant, je découvre que je ne sais rien, absolument rien. Et je ne sais pas encore si je pourrai retourner sur les ponts, participer aux fêtes de la vie, de l’amour et des paysages. L’obscurité laisse une empreinte retienne et quelque soit l’endroit où je pose mon regard, il y a toujours, maintenant, un coin de mon champ de vision qui reste noir.

Ma vision est bouchée, il y a un obstacle, en continu, sur mon chemin. Une chose indistincte qui m’empêche de vivre, dont je ne peux me débarrasser. Une forme trouble qui bloque la beauté, qui bloque le souffle, l’épanouissement de ma personnalité. Est-ce une malédiction ? Impossibilité de le dire, de poser un mot. Impossibilité à être.
Devant cette impossibilité, dont je ne suis pas la seule victime, lesquelles d’ailleurs semblent de plus en plus nombreuses, il reste peu de solutions. La première est, s’enfuir de ce monde. Par la musique, l’écriture ou par d’autres moyens. Où donc va nous faire parvenir cette fuite en-dehors du monde ? Vers moins de cruauté, peut-être.

Quelques secondes avant le réveil

La première erreur que commettent les gens, c’est de penser qu’ils existent. On fait semblant de vivre, la preuve, le matin quand on choisit quels vêtements on va porter pour la journée, ou le choisit comme un costume, avant d’entrer dans la pièce de théâtre et de reprendre son petit rôle, en clair, quand on franchit la porte de chez soi, c’est pour aller faire semblant d’être un homme.
Mais l’unique problème, c’est que les gens le prennent infiniment trop au sérieux, ce jeu de rôles, et du coup ils ne jouent plus, ils s’hystérisent à la vie. Ils ont laissé tombé la légèreté et la finesse sur le bas-côté du chemin. Et deviennent agressifs pour se faire une place sous les projecteurs. A la recherche du sentiment d’exister.

Quelques secondes avant le réveil, il y a l’espace d’un instant, ce laps pendant lequel on ne sait plus où nous en étions dans la pièce de théâtre, à quel tirade nous nos étions arrêté. La mécanique de l’existence rétrécie n’a pas encore rétablit son empire, nous sommes rien, et nous sommes un peu tout, finalement. Pendant ce court moment, la « vie » (qui n’a plus vraiment grand chose à voir avec la vraie vie d’ailleurs) n’est pas encore venu mettre tout son poids sur nos pauvres épaules. La nuit dans le rêve, tu ne sais pas que tu existes et tu es infiniment toi-même, libéré de cette atroce invention des australopithèques, la « réalité ». Au fond, pour 24 heures, tu as environ 8 heures d’existence ignorée, et tout le reste des heures pour un épais déboire, un simulacre. 16 heures maladives pendant lesquelles tu auras pensé à mille et une manière d’en finir avec toi et le monde. Les hommes ne pensent qu’à en finir avec la vie. Ça se lit dans leurs yeux. C’est en suicidaires qu’ils foncent tête baissée dans le quotidien. Peut-être parce qu’ils sentent, instinctivement, que la vie s’est retirée.
Et moi, j’ai la sensation parfois de vivre au-milieu des morts. Je suis entouré de somnambules. De gens anéantis, grippés, blêmes, qui s’agrippent à la peau d’autrui pour le faire descendre et pour se mettre à sa place. C’est une marée humaine qui pourrit sous le soleil. Et l’argent à tout prix nous a rendu pire que tout. C’est une masse sans finesse, lourde d’horreurs, de déboires hystériques. Obsedée par la peur du matin jusqu’au soir.
Les gens se vengent. Ils se vengent des promesses qui n’ont pas été tenues, au matin de la vie. Et le soleil est un honte. Il ne devrait pas éclairer un tel monde.

Je cherche le passionné…

Je cherche le passionné (et la passionnée) tout abandonné à son art, que je puisse aimer et admirer tout à la fois. Qui n’aurait aucune leçon à donner à quiconque. Quelqu’un capable de s’envoler, soulevé par une passion magnétique. Je cherche un air frais dans un pays ennuyé.

Cet homme je l’écouterais, des nuits durant, sans m’arrêter.

En s’élevant au-dessus…

En s’élevant au-dessus de la médiocrité, l’homme devient insaisissable et son entourage, qui n’y est pas habitué, est comme attiré par ce mystère. De plus, si on les fuit, ils sont d’autant plus interloqués et magnétisés. Ils semblent rester sur leur faim. Ils veulent à tout prix percer le mystère (pourquoi ne pas laisser le mystère tranquille, tel quel ?), décortiquer la personne à la poursuite de son intimité et de sa vulnérabilité. Lui, les regarde comme des fourmis creuser le tunnel dans la terre moite, fourmis repliées sur elles-mêmes, qui croient fermement que la grotte fétide est l’univers tout entier. A croire que les fourmis n’ont jamais mis une antenne dehors.

Un grand voyage

« J’ai vu tant de choses que vous humains, ne pourriez pas croire. J’ai vu de grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion. J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l’ombre de la porte de Tannhauser. Tous ces moments se perdront dans l’oubli, comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir. »
(Blade runner)

J’écrirai peut-être, un jour prochain, un livre de science-fiction (si je ne l’écris pas, je l’aurais au moins conçu dans ma tête). Je pense, quelque part, être chanceux de me trouver dans ce court laps de temps à l’échelle de l’espèce humaine, à ce moment précis où nous commençons à peine à nous extraire de l’apesanteur de cette planète. Puisque, manifestement, nous serons bientôt éparpillés aux quatre coins de la galaxie, et que l’humanité se scindera en plusieurs « tribus ». Les explorateurs vont reprendre leurs sac-à-dos et leurs chaussures de marche ! Ils auront du pain sur la planche… Exaltée par cet immense espace qui nous tend les bras, la pensée aussi reprendra du service. La pensée qui était à-demi endormie. Nouvelle époque de lumières, rerenaissance. Des penseurs tournés vers les autres sphères !
Fini de dormir. Il faudra recommencer. Une belle occasion d’essayer de trouver mieux que la démocratie, ou moins pire. Fini l’ancien monde, où nous pauvres imbéciles, nous nous battions jusqu’à la mort pour quelques hectares de terre remplie de vers. La Terre, vieux parchemin ! De la même façon que la civilisation égyptienne l’est pour nous aujourd’hui, nous serons bientôt des vestiges. Terre, vieillerie abîmée, berceau superflu ! Immenses vaisseaux et stations. Aujourd’hui le corps existait toujours, nous n’avions pas fini de nous en débarrasser.
Comme nous pensons petit, lorsque je me dis que la galaxie entière attend notre voyage.

Le manque commence à poindre

Je le sens venir, et je vais bientôt me sentir idiot. Ma vie est une terasse qui donne sur le manque. En effet, pourquoi ai-je eu droit à tant de silences désordonnés ? J’éprouve ce manque, mais à la fois, que ferais-je d’une consolation ? si l’ombre se faisait réelle. « Être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l’ombre »…. Que désire un poète, ou plutôt, sa plus grande peur… N’est-ce pas la réalisation de ses désirs ? Que ferait-il de son pauvre moi et de son idéal, qu’il a voulu à tout prix inaccessible afin de préserver son éternité ? Si j’avais la force, si je prenais le risque, j’y aurais droit. J’y ai droit, d’ailleurs, je l’ai amplement mérité. Dans les yeux des autres, jamais dans les miens. La gestuelle est simple, elle consiste à se laisser faire, à se laisser aller avec le vent. Mais je pense trop. Le pensée nous rend dégénérés, elle pousse hors de moi le primitif, le spontané et si l’idée à lieu, l’action, elle, est repoussée. Elle est un feu d’artifice mouillé.

Je pense qu’un jour, j’ai manqué une marche et par orgueil, je n’ai plus voulu retenter l’ascension vers la maturité, toujours par orgueil, je me suis énervé contre les obstacles, me disant qu’ils n’étaient pas dignes de moi. Indignes que je les affronte. Alors, je les contourne et me retrouve sur la rive, et j’attends, « Je n’ai jamais rien fait qu’attendre / devant la porte fermée » … N’est-ce pas le fruit de toute ma vie, cette attente interminable ? n’est-elle pas précieuse ? par le simple fait qu’elle est une abstraction, un endroit très flou, sur la plaque photographique ? Ce soir je ne mettrai pas de nom sur mon manque, afin qu’il m’enveloppe mystérieusement.

Les rejetés, les exclus…

Les rejetés, les exclus, ont besoin, pour justifier leur existence, de s’inventer une espèce de mission mystérieuse. Ils vivent dans le faux semblant, « s’hystérisent » et ne pouvants s’inclure dans le grand système, pour des raisons de troubles mentaux ou par volonté (autrement plus rare), il ne leur reste qu’une seule chance, celle de se vouer à un idéal, profondément inaccessible.
C’est ainsi que fonctionnent les Kafkas ou les Artauds.
Ils sont déchirés entre l’impuissance et l’orgueil. Mais ils ont le courage de se montrer tels qu’ils sont.

Aussi, les personnes intégrées dans la « globale économie du monde » ont besoin, elles aussi, des maladifs, des ombres, des fous. Puisque la folie de ces ombres est, en fin de compte, peut-être valable et moins venimeuse que cette autre folie, cette « réalité » du bien et du vrai, si facilement, si communément admise.

Ici, dans mon journal…

Ici, dans mon journal, je suis libre. Peu importe qu’on vienne me lire. Si ce n’est pas maintenant, ce sera plus tard. Quelques gens viendront peut-être, chercher jusqu’au fond des décimales un petit grain de flottaison, à l’abri, discret sur les flots des mailles du réseau cybernétique. N’importe qui de ce monde, ou même, du dehors du monde, peut venir ici me lire. Me lire, je veux dire, non pas suivre les phrases comme les lignes d’une canne à pêche, dont les virgules seraient les hameçons, non me lire, à travers la peau transparente, c’est encore autre chose.