Lisa gerrard Concert Paris

Je crois que je viens de passer un des dimanches les plus intenses de ma vie. Pour le moment, les pensées sont trop bouleversées dans ma tête pour que je puisse y mettre de l’ordre. C’est encore trop frais, trop neuf. Je n’ai envie ni de l’expliquer, ni de changer en mots ce qui, finalement, n’a ni besoin de descriptions ni de mots, pour être en moi. C’est le jour où je l’ai rencontrée en vrai, Elle. C’est le jour aussi, le même jour, où j’ai vu Lisa chanter… Sacrifice, the host of Seraphim, hymn for the fallen, space weaver, entre autres.
J’ai juste envie de goûter encore ces moments, tout frais encore dans mon coeur et dans ma mémoire.
C’est comme si la Vie m’avait lancé un grand sourire, un sourire mélangé de Poésie, de Magie et d’Amour. Et j’ai beau me pincer, je crois que je n’ai pas rêvé. J’ai encore peine à croire que tout ça était bien réel…

 

 

 

Une moitié de bonheur, une moitié d’un très grand sentiment de manque aussi, dont je reconnais facilement la cause.

 

 

 

Dimanche 15 Avril 2007 est à marquer d’une pierre lumineuse, inaltérable.

 

 

Près du canal

Je me demande si chaque homme se souvient de sa première éjaculation. J’avais 15 ans (ou 14 ans je ne suis plus exactement sûr). C’était un dimanche. Mon meilleur ami de l’époque, qui est décédé peu après (il est mort assassiné, à l’âge de 15 ans), m’avait raconté que chez lui, ça marchait.
Je me souviens de la scène :
« T’en as toi ? » Lui avais-je demandé. Nous nous trouvions dans la rue Jules Isaac.
Un silence….
« Quoi, du sperme ?
« Oui, du sperme »
« Oui, j’en ai ». Il ne l’avait pas dit sur un ton fier ou supérieur, mais de façon naturelle…

Je me demandais pourquoi chez moi ça ne marchait pas encore. C’est arrivé un an plus tard que lui. Je me masturbais rarement. Un soir, dans l’ancienne maison de mon père, avec les murs oranges, j’avais essayé. C’était une sensation complètement inconnue, une espèce de brouillard. Quelque chose en moi montait. Je n’en avais pas conscience. J’avais dans la tête des images de filles, des mannequins entre autres. Elles n’étaient pas nu. Je me trouvais donc dans une étrange sensation, la nouvelle expérience de sortir de soi. J’étais, en effet, ailleurs et pour la première fois, la cause était physique. Le brouillard s’épaississait, je ne contrôlais plus grand chose. Quelque chose se produisait, je ne savais pas quoi, c’était différent des autres tentatives. Finalement, c’est arrivé, je ne comprenais pas. Un éclair était passé dans le ciel. Tout retombait lentement, toute chose autour de moi retombait, dans une chute légère. J’étais surpris. Je trouvais sur mon ventre une matière étrange, sans couleur, je ne l’avais pas remarqué, je n’avais pas senti sa présence, sur moi. Pendant un moment je ne savais pas de quoi il s’agissait. Je compris assez rapidement.
Pour m’en souvenir et comme pour garver dans le marbre ce moment, j’avais crayonné la date sur le mur, à ma gauche, trace qui a dû disparaître depuis.
Le lendemain soir, je voulais réessayer, évidemment. Je n’avais pensé qu’à cela pendant toute la journée. Lors de la deuxième fois, on pouvait voir, en petite quantité, un liquide blanc en plus, qui n’y était pas la veille.
Depuis lors, le monde s’est arrêté.

Somnambulisme

Je me souviens des crises de somnambulisme que j’avais pendant mon enfance. À l’époque où ma mère habitait le cours des arts et métiers à Aix-en-Provence (au numéro 11, je l’écris pour être sûr de ne pas l’oublier), cela m’arrivait souvent. J’ai autant en mémoire, maintenant, mes nuits et leur rêves que mes journées quotidiennes. Je me souviens, je devais avoir 6 ans, une boîte de légos se trouvait en haut d’un placard. Il fallait monter sur une échelle et encore, j’étais trop petit pour l’attraper.
Quand quelque chose allait mal, ou quand elle ne comprenait pas ce qu’il se passait, ma mère avait pour habitude de me tendre un verre d’eau. Peut-être cela guérit tout les maux. Mais, plus certainement, un verre d’eau remplaçait le réconfort maternel qu’elle ne savait pas donner.
En pleine nuit donc, je me suis levé inconscient, en état somnambulique, par je ne sais quel moyen je réussi à attraper la boîte, et à monter un véritable château fort. Je devais me trouver dans un état bizarre. J’ai le souvenir de ma mère me tendant ce verre d’eau, et le lendemain, de trouver ce château, sans me souvenir véritablement par quel miracle il avait été construit, là, par terre.
Un autre souvenir remonte à un peu plus près. Je devais avoir 14 ans, au premier rue de la fraternité, toujours à Aix-en-Provence, cette fois chez mon père.
Je suis rentré en pleine nuit dans la chambre de mon père. « Papa, il y a un avion dans le salon ». Je n’arrivais pas à le convaincre. J’ai dû m’y prendre à plusieurs fois pour qu’il daigne se lever. Il me regardait en faisant une drôle de tête. Je l’ai mené vers le salon. Là je montrais l’avion du doigt. Mais il n’y était plus, je le constatais moi-même.
« L’avion n’est plus là, bon, ben je vais me coucher moi alors ».
Et je retournais dans ma chambre, aux murs recouverts d’une peinture orange.

Je me souviens très bien avoir dit tout celà, j’était toujours en état de demi-sommeil, mais ma mémoire, étrangement, fonctionne de manière très efficace dans le monde du rêve.
Quelques jours après j’ai vécu ma toute première crise d’arythmie cardiaque. Ce sentiment m’était alors inconnu, et je pensais, réellement, mourir sur-le-champ. Ma mère m’a tendu un verre d’eau. Maintenant c’est une habitude, un compagnon à ma vie, bien que j’ai jamais encore pu percer le mystère de ces crises d’arythmie qui surviennent sans raison palpable, quoi que j’ingurgite, quel que soit mon état psychique…
Mon père avait dit, à mon sujet : « je me demande si cette crise d’épilepsie (il ne comprenait rien de ce que c’était, ça n’avait rien de l’épilepsie) n’a pas un rapport avec la crise de l’autre soir, quand il s’est réveillé…. »

Une autre nuit, à l’âge de 7 ou 8 ans, je dormais dans la même chambre qu’une de mes cousines. Nous avions chacun notre lit, le sien, surélevé, sur un sommier, le mien, un simple matelas, par terre. Le lendemain matin, je me réveilla dans l’autre lit. Nous avions échangé nos places pendant la nuit. Cette fois je n’avais aucun souvenir du pourquoi. Selon ma cousine, laquelle riait beaucoup de ça, je l’avais réveillé en faisant des « grimaces de monstre », en la menaçant pour qu’elle me donne l’autre lit. Elle a dit avoir eu peur. Je pense qu’elle avait exagéré.

Un morceau de hasard

Un morceau de hasard dans la vie : hier soir après avoir mangé dans un restaurant situé rue Saint-Anne, je suis allé chez des gens que je ne connaissais pas (sauf l’ami que j’ai suivi là-bas), je m’ennuyais plus ou moins avec des personnes qui ne parlaient que de « japanim » (mangas japonaises). Avant d’arriver chez eux nous sommes allé une bouteille de Bayley’s, crème aloolisée irlandaise, pour eux, moi je n’aime pas trop ça, ça un goût de yahourt danone au chocolat, plus une bouteille de Zubrowska, la meilleure Vodka que je connaisse. Le personnage chez qui nous sommes allé habite en colocation avec deux autres, dont quelqu’un, de son prénom jérôme, qui est sorti de sa chambre aux alentours de trois heures du matin. Lorsque je l’ai vu je me suis dit « tiens », voilà quelqu’un qui a l’air intéressant, l’instinct ne me trompe jamais sur les gens…Avant même qu’ils parlent, souvent, dans leur geste, dans ce qu’ils dégagent, je vois tout de suite s’ils possèdent un certain penchant pour la face « artistique » de la vie. Il ne parlait pas beaucoup, peut-être lui aussi avait-il peu ou pas grand choses à dire. En discutant, je l’entends dire qu’il a un site sur lequel il écrit, entre autres de la poésie.. Je ne suis qu’à moitié surpris, en fait. Il suffit de me dire ça pour que j’accroche, sur le champ, avec la personne. Je lui dit « mais si ça se trouve, on se connaît, sur le net… »
Alors je lui dit quelques nom de gens pour savoir, dont Konsstrukt. Il me répond « mais oui, je connais Christophe, d’ailleurs mon amie qui dort à-côté, dans la chambre, est son amie d’enfance. Christophe vient dormir ici, dans trois jours… » Magalie, Ariane, ou Marianne…J’avoue qu’à cause de l’alcool je suis incapable de me souvenir du nom de son amie. Par la suite nous avons eu une longue et intense discussion, sur la littérature, sur ses projets dans l’écriture, les miens… Je peux dire, sans exagérer, qu’il a sauvé ma soirée de l’ennui dans laquelle elle était plongée.