Rejeté

Noire, noire est la couleur.
Es-tu comme moi dans les jours qui se suivent, à attendre le soleil ?
Comment savoir si, quelque part, dans un repli de ton coeur je respire encore ?
La rancoeur, la peur, le rejet, la déception, la fierté, le silence… auront-ils le dernier mot ?

Est-ce un crime d’être sorti un peu de l’ordinaire, d’avoir crû en quelque chose qui n’était pas l’ordinaire ?
Comment faire avec ce noeud dans le ventre, maintenant ? À étouffer la voix de ton coeur d’une telle façon, jusqu’à la perdition ? Jusqu’à ce que les larmes ne puissent plus couler ?

 

Noire, noire est la couleur…
Qui s’inquiète du peu de douceur et du peu de bonheur qui m’est offert ?
Personne, personne.
Personne ne répond.
Des cendres il mes reste
Des Cendres chaudes

Pour y tracer un sourire avec le doigt

Un sourire malgré tout
Pour un improbable Soleil

Noire, noire est la couleur.

Un peu de liberté

Parfois je me dis que je devrais m’accorder un peu de liberté
Cette liberté serait une sorte d’arrêt sur image
Une courte contemplation
Je ne sais pas poser un regard sur moi
Comme je ne sais pas le poser sur les choses
Le sol sur lequel j’avance me paraît mouvant
Je n’ai pas d’appui
Et je n’ai pas une minute de repos
Je crois que je ne connais pas le repos
Je suis prisonnier en quelque sorte
Prisonnier d’un mouvement perpétuel
Sur lequel je n’ai pas de prise
Je tente de poser un regard, mais l’image change trop vite
Je crois que je vais plus lentement que le monde
Un jour j’ai posé un pied au sol pendant le voyage
Pour en ralentir la cadence, j’ai enfoncé mes pieds dans la terre
Les talons devant
Je vais maintenant moins vite que le monde
Ou peut-être plus vite, je ne sais pas vraiment
Mais je ne vais pas à la même allure que lui
Ce qui me donne le sentiment d’être en-dehors
Et de ne pas m’appartenir

Je n’ai plus le souhait de partir

Je n’ai plus le souhait de partir. Je me demande encore si je l’ai jamais eu.
Ce que j’espère, je ne sais plus vraiment.
Je n’espère plus grand-chose à vrai dire.
Ni consolations d’aucune sorte, ni nouveautés.
Allons, que pourrais-je construire maintenant avec mes dix doigts…
J’ai été loin de moi si longtemps.
Arrivé au bout, je ne sais même plus qui je suis.
C’est pour rien qu’on fait dix fois le tour de la planète.
Quand on n’a plus la boîte musicale dans les doigts.
Je pourrais voir un paysage fantastique, je ne sentirais rien.
Ces pays désolés sont si étranges.