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Pendant que j’écris je suis comme un enfant devant son château de légos, ou un joueur d’échecs. Symboliquement, je me sens au centre du monde. Son avenir dépend de moi, de ma façon d’avancer les pions. L’écriture est ainsi une véritable arme contre le monde que j’habite. Je me sens en plein centre de celui-ci et j’y suis effectivement. Qui pourra me donner la preuve du contraire ? Ainsi pendant quelques instants je règne et j’ai tout le loisir d’effectuer les bouleversements dont je rêve, je renverse l’ordre, je malaxe le réel comme un vulgaire papier, je le jette à la mer, je le fractionne. Je laboure les champs de mes illusions, je fais une seconde de 3000 ans d’histoire humaine. Plus que le monde, j’invente le lieu où vont les morts, je les déloge de leur atonie, je fais appel à eux, je test leur réflexes, leurs pensées, dans une catharsis chamanique je leur demande d’entrer en moi. Car ils vivent. Pendant que personne ne songe à ces choses-là, je ne remets pas en cause l’immortalité de l’âme. Sur une planète vidée de toute spiritualité, je conçois ma religion, je me sens libre de la créer moi-même, je fabrique mes idoles, mes temples. Ma mythologie. Mon arborescence.

Une fois le travail fini, une fois que ma folie se tait, je retourne au réel et m’adapte. Le cerveau possède une capacité d’adaptation incroyable, et ma pensée, mon ouverture d’esprit est plus grande encore. Je pense à mille choses à la fois. Ainsi, libéré de tout conformisme.