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Nous sommes tous les accusés d’un procès, même si celui-ci n’a jamais eu lieu ou, mieux encore, si celui-ci a lieu perpétuellement et de façon invisible, ce qui semble être le cas dans nos pauvres vies. Qui sait d’ailleurs si nous ne sommes pas nous-mêmes les instigateurs de nos propres procés, c’est peut-être ainsi que nous avons été introduits et conformés dans le monde, nous avons, en bons chiens, débuté l’instruction de la procédure dès le commencement de la vie, nous avons bien appris la loi, si bien que nous ne voyons qu’à travers elle.
Alors les procès lancés par les autres ne sont guère autre chose que de pâles contrefaçons, des réponses scintillantes à nos désirs, des évitements de la vérité, propres à nous faire oublier ce simple état de fait : nous possédons le statut de prisonnier sans en avoir l’air, prisonniers non pas d’une quelconque prison matérielle, mais bien incarcérés en nous-mêmes. Et nous allons en aveugles, jusqu’à chérir nos propres barreaux, que nous méprisons chez les autres.