Commentaires récents

Sélectionner une page

Vêtue ainsi de sa tenue nocturne, nonchalamment belle à se damner, elle a retiré le maquillage qui ne lui est pas même nécéssaire, marche, créature luisante autour du lit. Photophore magique, attraction des astres. « Do you like me without make-up? » me demande t-elle, déjà parfaitement mise au clair de sa beauté. Son égo sacré n’existe que pour faire don de lui-même. Elle est un corps avec une flamme au bout. Elle transite sans mal de station en station, du sublime au sublime, avec ses mains, ses paupières, son visage figurine, et son âme d’enfant à protéger. Sa manière à elle de faire vibrer et la mort et la vie dans les limbes intérieures, il y a peu en moi encore éteintes et désespérées. Ce soir déracinées, comme prises de vertiges positifs, de mystères vivants non élucidés. J’attends le moment où je pourrai poser ma main sur son ventre. Elle tire les rideaux, les laisse légèrement entrouverts afin que l’obscurité ne soit pas totale. Il émane un substrat de poison de ses cheveux bruns et de son cou, que je n’ai pas fini de humer. De la stupeur extravagante de ses cuisses, de la matière à renaître le long de ses bras grands ouverts. Ses lèvres disent non, son corps déclare le contraire, cette contradiction me change par degrés en délicat prédateur. Elle garde sa main sentinelle près de la mienne, de façon à me contraindre si je vais trop rapidement chercher remède à mon mal. « No », elle retire ma main, je me réfugie dans sa chevelure, je tiens sa tête de poupée sortilège, la possède, la caresse comme on caresse amoureux un fauve assujetti. Sur son cou j’entends battre son cœur. Je mords le lobe de son oreille, serre son bras pour lui faire légèrement mal. À son tour de me saisir. Nous passerons de l’état animal à l’état sentimental tout au long de la nuit. Une comète utopie est tombée dans mon jardin pénultième. Un état de douceur émerge sur la mappemonde. J’entends courir le loup dans les steppes, libéré du piège des morts. Il hurle à la nuit, à la Lune, il hurle de recouvrer la vie. Son bien restitué. Mon corps avance dans le territoire consacré. Mon mental abdique avec l’assentiment des étoiles.