Yoko

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L’homme égaré est attiré par ce qui lui nuit

Un homme, quoi que légèrement égaré, erre, la tête nue, vers ce qui lui nuit (à la manière d’un éphémère), en pensant le moins possible. Quand bien même il pense peu, il se sent assailli, ne serait-ce que par les agitations automatiques, palpitations nocturnes de la ville qu’il aime tant, croyant la haïr ; l’aimant, malgré ses faiblesses inhérentes, et pensant, énormément, malgré les silences intérieurs qu’il s’inflige. C’est par automatisme qu’il s’agite dans la nuit et qu’il passe ; les autochtones qui le regardent ne voient guère autre autre chose en lui qu’un passant comme il y en a tant d’autres. Les uns, bruyants, cherchent par on ne sait quelles techniques habilement maîtrisées, à multiplier les bruits qu’ils génèrent. D’autres, comme lui, ont rendu les armes devant la stérilité du combat. Des luttes de cloportes, se dit-il, tandis qu’il patiente et observe, avec mélancolie, le signal lumineux construit et pensé pour les piétons comme lui, qui attendent leur tour avant de franchir les passages cloutés. C’est une zone libre, pense t-il, avant de vérifier que son téléphone portable était toujours correctement positionné dans sa poche gauche. La principale utilité des objets est de nous rassurer, se dit-il. C’est pourquoi leur absence nous inquiète. C’est pourquoi je vérifie. Des réflexions vaines et sans fondements émergeaient là où il avait juré de taire ses pensées. Il sentait bien une inquiétude, mais n’ayant jamais pu mettre le doigt sur la cause primitive de ses anxiétés , il avait laissé tomber. Il s’était mis à se laisser vivre et, de fait, commençait à aimer ces objets, lesquels, de façon lancinante le rapprochaient d’une petite mort lente, silencieuse et désuète. À la lumière des réverbères, les murs anciens prenaient une teinte orange qu’ils ne possédaient pas le jour. Ils auraient pu être verts, ou bleus, ou de couleurs variées, mais il fallu qu’ils soient tous oranges. Dans son esprit, la nuit désormais ne pouvait prendre une autre teinte que l’orange et la mélancolie suivait le pas de ses rêveries, multiples et non dénuées de profondeur. Une marée montante de petites douleurs insignifiantes mais en grand nombres se hissaient jusqu’en haut du mur qu’il s’était jurer de défendre, de garder sain, sans colères ni réflexions inappropriées. Il ne pouvait se taire au-dedans. Il ne pouvait plus parler non plus, n’ayant plus personne à l’écoute. Il sentait bien pourtant que la clef de son bonheur résidait dans le silence.

anima (Lecture)

Texte : Florian Vesper
Lecture : François Corvol

Le Harpiste Disharmonique

ours-et-harpe

Un ours qui joue de la harpe….


Notes au hasard/Enregistrement François Corvol

L’amante intérieure (lecture)

Musique : Eleni Karaindrou – Fairytale (Happy Homecoming, Comrade)

Suite

Lecture Par Pierre Saunier
Textes François Corvol

 

Silence Après (lecture)

Musique – Antina Crevasse
https://soundcloud.com/antina-crevasse

Texte / Voix / Images – François Corvol

[ Et Moi Je Rêve De Cassiopée ]

Texte/Musique/Voix : d i v
http://sameoldshit.canalblog.com
Film : François Corvol

Seul à Orsay

Seul à Orsay from François Corvol on Vimeo.

 

Un homme seul marche dans l’immense musée, au milieu des tableaux de maîtres.
Les gnosiennes l’accompagnent.
Musique : Erik Satie

Lullaby

Lullaby from François Corvol on Vimeo.

Un petit film tourné et monté hier.

Paris, 25 Novembre 2012
Musique : Gotham Lullaby – Meredith Monk